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Nietzsche et moi

posté les 11/10/2025 par Bruno

Nietzsche et moi

#L’homme face à lui-même et au monde

posté le 11/10/2025 par Bruno

Je ne me suis jamais senti “discipliné” de Nietzsche, mais il m’accompagne comme un frère d’esprit : celui qui ne cherche pas à consoler, mais à éveiller. Ses mots sont des lames : ils coupent les illusions, les certitudes, les conformismes. Et dans ce monde saturé de morale et de confort, cette coupure fait du bien.

Je partage avec lui cette méfiance instinctive envers le troupeau — celui d’hier, religieux, comme celui d’aujourd’hui, numérique. Ce besoin de penser juste, d’être du bon côté de la bien-pensance, m’inspire la même ironie que lui. L’esprit libre, disait Nietzsche, ne cherche pas à plaire mais à comprendre. Ce goût de la lucidité me paraît la seule forme honnête d’intelligence.

Comme lui, je crois que la vie n’a pas besoin d’être justifiée pour être belle. Elle se suffit dans son mouvement, sa lumière et sa douleur. Le tragique ne me fait pas peur : il est le signe que nous sommes vivants. Le bonheur sans profondeur n’est qu’un anesthésiant, et la souffrance, parfois, un révélateur.

Mais je ne suis pas tout à fait nietzschéen. Là où il méprisait la compassion, je vois un lien nécessaire. J’aime les fraternités choisies, les fidélités silencieuses, ces amitiés qui consolent sans illusion. Nietzsche voulait un surhomme ; je me contente d’hommes debout.

Peut-être, au fond, que la vraie force n’est pas de dominer, mais de tenir sans renier sa tendresse. Nietzsche aurait souri — ou pas. Mais qu’importe : le dialogue reste ouvert.