Arrêtons de nous raconter des histoires. Le monde dans lequel l’Europe a prospéré — paix relative, commerce fluide, sécurité déléguée, abondance bon marché — n’existe plus. Il appartient aux archives. Nous sommes entrés dans une époque plus sèche, plus brutale, où la puissance compte à nouveau, où les logiques impériales s’assument sans fard, et où le droit international ne pèse guère s’il n’est pas adossé à des capacités bien réelles.
Face à ce basculement, l’Europe doute. Elle débat. Elle[...]