Il y a, dans notre modernité, un curieux paradoxe. D’un côté, les femmes occidentales se maquillent, s’exposent, se parent — non pas toujours pour séduire, dit-on, mais pour se plaire à elles-mêmes. Pourtant, dans les codes profonds de notre inconscient collectif, la beauté affichée reste un langage de désir : elle attire, elle capte, elle promet. Le visage fardé est un drapeau tendre levé vers le regard masculin, ou vers celui, plus abstrait, de la société qui juge et compare. Le[...]
Du maquillage au voile : deux visages d’un même pouvoir
posté le 30/10/2025 00:00 par Bruno
Le dernier sourire de Tadzio
posté le 28/10/2025 00:00 par Bruno 👁🗨6
Il est mort aujourd’hui à soixante-dix ans, celui qui, sans le savoir, a incarné le trouble et la lumière de toute une génération. L’acteur qui jouait Tadzio dans Mort à Venise n’était qu’un adolescent au visage d’ange, mais pour beaucoup d’entre nous, il a été plus qu’un personnage : il a été une révélation.
Je me souviens encore du choc, jeune homme, en découvrant ce film. Ce n’était pas seulement la beauté de Venise, ni la musique de Mahler, ni la lente agonie d’un monde raffiné. C’était[...]
L’art, ce Dieu terrestre
posté le 11/10/2025 00:00 par Bruno 👁🗨1
Je n’ai jamais eu besoin de croire en Dieu pour éprouver le sacré. Il me suffit d’un morceau de musique, d’une lumière sur la mer ou du silence d’un musée pour sentir que la vie déborde d’elle-même. Là où certains cherchent le divin dans l’au-delà, je le trouve dans l’instant — dans cette beauté fragile qui ne promet rien mais qui, parfois, sauve.
Nietzsche disait que “l’existence n’a de sens qu’en tant que phénomène esthétique”. Il avait raison : ce n’est pas la vérité qui nous console,[...]
Le beau s’est tiré. Et il n’a laissé personne pour éteindre la lumière.
posté le 11/10/2025 00:00 par Bruno
Il fut un temps où le beau guidait le monde. On construisait des maisons pour durer, des chaises pour plaire à l’œil, des vêtements pour être élégants — pas juste “fonctionnels”. Aujourd’hui, on dirait que le beau a plié bagage. Il a rendu les clefs à la fin du siècle dernier et laissé sa place à trois nouveaux dieux : le rationnel, le sûr et le confortable. Trois divinités ternes, mais stables.
L’époque où l’on faisait des maisons pour être aimées
Le beau, autrefois, n’était pas un caprice[...]
4 Nous ne bâtissons plus, nous remplissons l’espace
posté le 11/10/2025 00:00 par Bruno
La nature est belle. Ce que construit l’homme a cessé de l’être.
C’est un constat que chacun peut faire sans effort : regardez autour de vous. Les arbres, les nuages, la lumière d’un soir d’automne — tout respire l’harmonie sans calcul. Mais dès que la main humaine intervient, quelque chose se fige, s’alourdit, se justifie. Nous ne bâtissons plus pour durer, ni pour émouvoir, mais pour cocher des critères : efficacité, norme, rendement, conformité.
L’art d’autrefois : dialogue avec la[...]
Vivre sans Dieu, mais avec style
posté le 11/10/2025 00:00 par Bruno 👁🗨1
J’ai longtemps cru que la philosophie était une affaire d’idées. Puis j’ai compris qu’elle était d’abord une affaire de vie : la manière dont on traverse le monde quand on ne lui ressemble pas tout à fait. Être homosexuel, dans ma génération, ce n’était pas un drame ; c’était un exercice de lucidité. Il fallait apprendre à se regarder dans le miroir sans attendre l’autorisation d’autrui. Très tôt, j’ai su que je n’appartiendrais jamais vraiment à la norme. Mais plutôt que d’en faire un[...]
Jules, ou la mélancolie de la conduite perdue
posté le 23/09/2025 00:00 par Bruno
Il avait cru bien faire. Comme tant d’autres, Jules avait troqué sa vieille berline pour une Toyota hybride. L’air du temps, la bonne conscience écologique, le confort sans histoire. Six ans plus tard, il a tout plaqué. Non pas pour une Tesla ou une Dacia électrique, mais pour une Mini des années 70, cabossée et rieuse, « magnifiquement désuète », comme il dit.
Pourquoi ? « Parce que je m’ennuyais. » L’aveu claque, simple, presque brutal. L’hybride ne lui offrait rien d’autre que des[...]