La démocratie est malade de ses hommes politiques. Non parce qu’ils seraient plus corrompus qu’autrefois, mais parce que leur fonction a changé de nature. Jadis, certains entraient en politique par vocation, mus par le sens du bien commun, la passion du verbe et de la cité. Mais il ne faut pas se raconter d’histoires : il y avait aussi les autres, les ambitieux, les courtisans, les amateurs de prébendes et de faveurs, ceux qui confondaient intérêt général et intérêt personnel. Les juges[...]
Le pouvoir sans grandeur
posté le 31/10/2025 00:00 par Bruno
Quand gouverner, c’était encore réfléchir
posté le 28/10/2025 00:00 par Bruno 👁🗨25
Je viens de revoir Le Président d’Henri Verneuil, encore une fois. Et comme à chaque fois, ce film me frappe non pas par sa nostalgie d’une grandeur perdue, mais par sa lucidité — presque clinique — sur la mécanique du pouvoir. Jean Gabin, dans le rôle d’Émile Beaufort, n’incarne pas tant un âge d’or révolu qu’une conscience, un rappel : la politique n’a jamais été pure, mais elle avait encore le luxe du temps.
Beaufort n’est pas un saint républicain. Il est fatigué, lucide, parfois amer.[...]
Les chevaux et nous
posté le 28/10/2025 00:00 par Bruno 👁🗨27
Ce matin sur Europe 1, Samuel Fitoussi lançait une comparaison aussi brillante qu’inquiétante : « La révolution industrielle n’a pas provoqué de chômage de masse chez les humains… mais elle a rendu les chevaux inutiles. L’intelligence artificielle pourrait faire des humains ce que le moteur à explosion a fait des chevaux. »
L’image est saisissante, mais elle mérite d’être retournée. Car après trois ans d’usage intensif de l’IA au quotidien, je ne vois pas tant une machine prête à supplanter[...]
La fumée du soupçon
posté le 11/10/2025 00:00 par Bruno 👁🗨28
Fumer à la terrasse d’un bistrot, c’est devenu pire qu’un pet en société. On se cache, on s’excuse, on demande pardon à l’air pur. Le vapoteur croyait s’en tirer : raté. Même sa vapeur d’eau froisse la morale publique.
Il fut un temps — pas si vieux pourtant — où la cigarette faisait partie du décor français. Elle ponctuait les débats, accompagnait les ruptures et les confidences, s’allumait sur les trottoirs comme un signe de connivence. Elle sentait le tabac blond, la liberté, le film[...]
Tous les intérieurs se ressemblent
posté le 11/10/2025 00:00 par Bruno 👁🗨18
Je n’irai plus dîner chez des amis : tous leurs intérieurs ressemblent à des hôtels Ibis. Les mêmes murs blancs, les mêmes suspensions en osier, le même canapé gris. On ne visite plus des gens, on visite des concepts déco.
Il fut un temps où les maisons disaient quelque chose de ceux qui les habitaient. On entrait dans un salon comme dans une conversation : il y avait des livres, des photos de vacances un peu kitsch, un fauteuil usé qu’on ne pouvait pas jeter parce qu’il avait tout entendu.[...]
Le festin perdu
posté le 11/10/2025 00:00 par Bruno 👁🗨11
On ne boit plus de vin à table. On méprise les abats, la cocotte mitonneuse, le beurre et le pain. Tout est “trop” : trop gras, trop sucré, trop salé, trop de gluten. L’époque a fait du goût un risque sanitaire, et du repas un champ de mines.
Le repas, jadis moment de joie, est devenu une scène de contrôle. On compte, on trie, on évite, on s’excuse. On mange comme on remplit un questionnaire médical. Les abats ? Trop forts. La charcuterie ? Cancérigène. Le vin ? Un poison. Quant à la[...]
Ces politiques qui revendiquent le bon sens, ça m’énerve
posté le 24/09/2025 00:00 par Bruno 👁🗨16
Il y a des mots qui paraissent anodins, presque rassurants. « Bon sens » en fait partie. Prononcé sur un ton grave ou complice, il vient clore un débat, réduire une question complexe à une évidence prétendument partagée. Mais lorsque les politiques s’en emparent, ce « bon sens » devient une arme rhétorique redoutable – et terriblement agaçante.
Le piège de l’évidence
On nous le sert à toutes les sauces : « Il est de bon sens de protéger nos frontières », « C’est du bon sens de travailler[...]
La loi de Pareto appliquée aux tâches ménagères : 20 % d’effort, 80 % de tranquillité
posté le 24/09/2025 00:00 par Bruno 👁🗨13
On parle souvent de la loi de Pareto dans les entreprises, les business plans et les manuels de management. Mais en vérité, le vrai terrain d’application, c’est la maison. Oui, chez vous, là où la poussière et les miettes organisent leur révolution silencieuse.
Soyons honnêtes : personne n’a jamais trouvé la motivation d’astiquer son frigo un samedi soir. Alors on applique la méthode Pareto : jeter les cadavres de yaourts, passer un coup d’éponge et replacer les bières. Dix minutes plus[...]