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Les chevaux et nous

posté les 28/10/2025 par Bruno vue(s)2

Les chevaux et nous

#Chroniques du quotidien, colères justes et douceurs assumées

posté le 28/10/2025 par Bruno vue(s)2

Ce matin sur Europe 1, Samuel Fitoussi lançait une comparaison aussi brillante qu’inquiétante : « La révolution industrielle n’a pas provoqué de chômage de masse chez les humains… mais elle a rendu les chevaux inutiles. L’intelligence artificielle pourrait faire des humains ce que le moteur à explosion a fait des chevaux. »

L’image est saisissante, mais elle mérite d’être retournée. Car après trois ans d’usage intensif de l’IA au quotidien, je ne vois pas tant une machine prête à supplanter l’homme qu’un outil incapable de créer sans lui. Elle sait combiner, accélérer, reformuler, mais pas choisir. Elle ne comprend ni le contexte, ni la nuance, ni l’intention. Elle calcule la beauté, elle ne la ressent pas.

En réalité, ce n’est pas l’intelligence qui manque aux machines : c’est la bêtise, au sens humain du terme — la capacité de se tromper, d’essayer, de douter. C’est de là que naît toute invention. L’IA ne sera donc jamais un artiste, un penseur ou un capitaine ; tout au plus un formidable assistant.

Si certains finissent relégués au rang des chevaux, ce ne sera pas parce que la machine est trop intelligente, mais parce qu’ils auront cessé de l’être. L’enjeu n’est pas de résister à l’IA, mais de rester au-dessus d’elle : dans le commandement, la vision, l’imaginaire.

La vraie différence entre l’homme et la machine, c’est que l’un peut encore rêver. Et c’est là que se jouera le futur.